Mes conseils pour arreter de boire




Je m'appelle Marie, je suis une Parisienne de 24 ans, et après 3 ans d'alcoolisme, je suis sobre depuis le 8 mars 2019. Je te partage les conseils qui ont fonctionne pour moi, un jour après l'autre. 

1. Fais le point sur tes motivations 

Arrêter l'alcool n'est pas anodin : c'est réellement toute la vie (sociale, amoureuse, professionnelle) qui change. Dans un premier temps, je te conseille de dresser une liste de tes motivations a relire régulièrement, lorsque tu sens l'appel d'une bière en terrasse ou sur ton canapé. Ecrire permet de matérialiser ta volonté, même si ces raisons, tu les as déjà bien en tête ! Les miennes furent nombreuses et non exhaustives, plus je progresse dans mon rétablissement, plus les bonnes raisons d’arrêter de boire l'emportent sur celles qui auraient pu me pousser a continuer... Pour ma part, je voulais retrouver ma liberté, sortir de ma dépression nourrie par mon alcoolisme, reprendre le contrôlé de ma vie, cesser d’être une source d’inquiétude pour ma famille, mes amis et mon compagnon, cesser de perdre le contrôle de mon corps et de mon flot de paroles (l'alcool me rendait mythomane, j'avais un discours incohérent après quelques verres) mettre un terme a mes black out de plus en plus fréquents) cesser d'avoir des relations sexuelles compulsives et non protégées aussi bien regrettées ou oubliées, retrouver des centres d’intérêt autres que m'alcooliser des le déjeuner jusqu’à finir la tète dans les toilettes.  

2. Consulte un ou plusieurs médecins

J’étais déjà suivie depuis plusieurs années par un psychiatre, a raison d'une séance tous les 15 jours. Je suis persuadée qu'on ne peut pas sortir seul de son alcoolisme, j'ai donc informe mon psychiatre de ma volonté d’arrêter de boire (et dans le même temps, d’arrêter les médicaments et les stupéfiants) et nous avons double le nombre de séances : je le vois une fois par semaine. J'ai informe mon médecin généraliste, lui aussi peut t’être d'une aide précieuse pour lutter contre les effets du au sevrage : te prescrire un régulateur d'humeur, un anxiolytique ou un somnifère léger et sans accoutumance, pour pallier aux symptômes dues au manque (insomnies, sautes d'humeur, dépression, tremblements, hallucinations).
Je consulte également un addictologue a l’hôpital, tous les mercredi : on travaille sur l'aspect "concret" de ma dépendance, par exemple sur des questions telles qu'occuper mes soirées pour éviter d’être seule avec ma dépendance (j'avais pour habitude de consommer des 19 heures, nous avons trouve des activités pour m'occuper), comment gérer les soirées, les afterworks, la gestion de l'alcool au sein de mon couple. 
Consciente que cela représente un véritable budget, tu peux contacter le service addictologie de l’hôpital de ta ville ou te tourner vers un Centre Medico Psychologique.

3. Informes en ton entourage

Famille, amis, petit copain ou petite copine... Leur parler de ta décision est inévitable. N'ai pas peur des mots ni de les choquer, tu peux tout simplement leur dire que tu arrêtes de boire car tu as un problème avec l'alcool. La plupart de ton entourage est déjà sans doute au courant (pertes de contrôle, black out, dépression, isolement, etc) et y verront un véritable soulagement, ils seront ravis de t'accompagner dans ce chemin vers un nouveau mode de vie, comme en évitant de commander de l'alcool pendant que tu sirotes un Virgin mojito pour te faciliter la tache. Ma mère et ma grand mère ont elles aussi pris le parti d’arrêter de boire pour me soutenir dans ma démarche. 
Face a un ami avec lequel j'ai beaucoup consomme, je n’hésite plus a dire que j'ai arrêté de boire a cause de ma dépendance. A ma grande surprise, mon entourage fait preuve de beaucoup d'empathie et de compréhension : les gens sont souvent très admiratifs au vu de l’omniprésence de l'alcool et ton arrêt peut également leur permettre de remettre en cause leur propre consommation... Tu peux pour certains, être un message d'espoir.  

4. Assiste a des groupes de parole régulièrement

Pour ma part, je vais aux Narcotiques Anonymes depuis janvier 2018, une fois par jour dans l’idéal. Selon l'endroit ou tu te trouves, tu peux aussi aller aux Alcooliques anonymes, contacter l’hôpital le plus proche ou contacter une association : une recherche sur Internet de quelques minutes suffit pour avoir accès a une liste de réunions. 
Pour moi, ça n'a pas fonctionne tout de suite, mais dans un premier temps, ça m'a permis de mettre un terme a mon isolement. D'une consommation très festive dans mes années de faculté, j'en suis rapidement arrivée a une consommation très solitaire, honteuse, seule dans mon appartement. Ça m'a permis de nouer des liens avec des gens qui me comprenaient, dans l'amour et la bienveillance. Je peux les appeler si j'ai envie de consommer. 
Partager sa dépendance et son expérience est au départ un véritable saut dans le vide sans parachute, puis devient rapidement très libérateur. On conseille de faire 90 réunions pendant les 90 premiers jours le temps de mettre en place un nouveau mode de vie, avec des gens qui ne consomment plus. 
J'avais déjà essayer d’arreter seule, c’était long, douloureux et fastidieux, je rechutais une semaine plus tard... Ensemble, le rétablissement est plus doux, les journées sont plus faciles. 

5. Bois des cocktails sans alcool 

Autant que faire se peut, évite certaines boissons : café, Coca, excitantes et qui viennent perturber un sommeil déjà fragile lors du sevrage. Tiens toi également a l’écart des bières sans alcool, du vin sans alcool, qui te font conserver les mêmes mauvaises habitudes telles que boire une bière seul, avachi sur ton canapé... Contenant 0,3 degré d'alcool, elles risquent de te ramener rapidement a la consommation active. A la place, c'est un conseil de mon addictologue, fonce sur les cocktails sans alcool dans les bars (ou concocte en chez toi) : ils ressemblent a s'y méprendre aux vrais, dans lesquels on sent déjà rarement l'alcool. Ça te donne l'impression de boire la même chose que les autres et ça n'exclue pas socialement. Parce que oui, les premiers temps, boire un jus d'orange dans un pub, donne l'impression d’être mis de cote... 
Grace aux boissons comme les Virgin Mojitos, je peux sans problème boire un verre avec un ami qui commande un verre de vin ou une bière, essaie toi aussi.

6. Fais un tri dans tes fréquentations 

Tu as annonce a ton entourage que tu arrêtais l'alcool ? Félicitations ! J’espère que tu trouveras auprès d'eux le soutien nécessaire pour mener a bien ton abstinence. En arrêtant l'alcool, j'ai renoue avec de nombreux copains qui avaient autrefois pris leur distance, lasses de me voir perdre le contrôle de ma consommation d'alcool et de stupéfiants. Mon abstinence les rassure. Pour la plupart. Ça n'a pas été le cas de tout le monde : mon compagnon s'est mis a consommer davantage d'alcool (ou peut être que j'ouvrais enfin les yeux sur une consommation excessive qui avait été la notre) certains amis ont continue a consommer "comme avant" sous mes yeux (par exemple, trois ou quatre pintes en l'espace d'une heure). J'ai du quitter mon compagnon (nous étions pourtant ensemble depuis cinq ans) et quant a certains amis, je les vois désormais pour des expositions, des cinéma, des séances de natation... Je les vois toujours, mais pour d'autres activités que les regarder s'alcooliser au café : je ne peux pas arrêter de boire, tout en les regardant boire, ce serait m'infliger la double peine. 
J'accepte aussi qu'il y ait des soirées ou je ne puisse pas aller, des dîners de famille que je doive refuser. Ce n'est pas définitif, j'accepte simplement qu'aujourd'hui, ce soit trop tôt.

7. "Juste pour aujourd'hui"

C'est un concept appris aux Narcotiques Anonymes : je n’arrête pas de consommer définitivement, non, j’arrête une journée supplémentaire, un jour a la fois. Ça rend le quotidien plus facile et moins frustrant, car si je me dis que je ne toucherais plus jamais a un verre de vin blanc, frustrée, triste et en colère, cinq minutes plus tard je suis au bistrot... En revanche, je peux tout a fait faire en sorte de ne pas consommer pour la journée qui s'annonce. Les premiers temps, c'est parfois même "Juste pour l'heure qui suit". C'est moins intimidant. 

Voila ce qui fonctionne pour moi, pour le moment. Si tu as des questions ou un conseil que tu aimerais voir figurer dans cette liste, tu peux me laisser un commentaire, je me ferais un plaisir de te répondre. 

Marie. 

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